De l’utilité des cartes heuristiques comme méthode d’apprentissage

michaëletienneAncien élève de l’Ecole normale de Nivelles en éducation physique, Michaël Etienne a présenté un travail de fin d’études sur l’apprentissage à l’aide de cartes heuristiques dans l’enseignement supérieur (2013).

Jean-Michel Dufays : Logiquement, je te demanderai d’abord de définir ce que tu entends par « carte heuristique » et ensuite de préciser l’objectif de ton travail.

Michaël Etienne : Les cartes heuristiques représentent un moyen de représenter sa pensée en la structurant de manière hiérarchisée et arborescente. Elles permettent d’articuler les idées les unes aux autres avec une grande flexibilité en employant des mots-clés, des symboles, des images… Cette technique, à la portée d’un enfant de cinq ans, sollicite fortement la vue et, par conséquent, stimule davantage le rappel de l’information. Mis en avant par Tony Buzan, les schémas heuristiques possèdent également la grande particularité de développer la créativité grâce à de multiples connexions possibles à l’infini. Partout dans le monde, cette méthode souple et amusante remplace de plus en plus la prise de notes à l’école. Cependant, elle n’est pas encore connue de tous.

À l’heure actuelle, je suis convaincu que nous sommes tous capables d’être plus performants à l’école. Même si nous savons qu’une multitude de facteurs entrent en compte pour obtenir de bonnes notes, l’aspect méthodologique demeure, selon moi, un paramètre incontournable. Mon travail a été élaboré dans le but de mettre à disposition des étudiants un outil supplémentaire qui pourrait les aider à développer leur potentiel. Dans cette perspective, j’ai décidé de vérifier l’impact de cette méthode chez un ensemble d’étudiants de la Haute École Paul-Henri Spaak en Éducation Physique.

J.-M. D. : Quelles étaient tes hypothèses de départ et que cherchais-tu à vérifier ?

M. E. : Mon hypothèse de départ était la suivante : Créer des cartes heuristiques lors de la prise de notes permet d’une part de sélectionner les mots-clés et d’autre part de faire des liens entre ceux-ci. Ce qui facilite grandement la compréhension et la mémorisation de l’information. J’ai donc testé l’influence de la prise de notes à caractère heuristique sur la compréhension et la mémorisation d’un cours qui est comparée à une méthode dite « traditionnelle ». Ensuite j’ai vérifié s’il s’avérait plus efficace de donner un cours en diffusant l’information de manière linéaire ou arborescente.

J.-M. D. : Finalement, la méthode d’apprentissage sur laquelle tu as planché s’est-elle avérée efficace ? Est-elle valable pour la très grande majorité des étudiants ou restes-tu réservé quant à sa généralisation ?

M. E. : Sur base des résultats obtenus dans les différents tests, nous avons pu observer plusieurs choses. Tout d’abord, au niveau de la compréhension, les meilleurs résultats sont apparus lorsque le discours du professeur suivait le cheminement d’une carte heuristique et que les étudiants prenaient note de manière linéaire. Ensuite, lors du test suivant, lorsque l’on a obligé les sujets à créer une carte durant la prise de notes, les résultats sont restés bons, mais une plus grande disparité était présente entre ceux-ci. En termes de mémorisation, la technique de la carte mentale a permis aux apprenants à intégrer et à restituer un plus grand nombre d’informations qu’avec une méthode classique. Cependant, lors d’une étude de cas, nous avons découvert un étudiant atypique pour qui l’approche arborescente a moins bien fonctionné. Avait-il besoin de plus de temps que les autres pour s’approprier ce nouveau procédé ? C’est une des raisons possibles. En tout cas, en considérant la Finlande, première au classement de l’enquête PISA et où le mind mapping occupe une place prépondérante dans l’enseignement, j’ose espérer qu’un jour ce concept prendra de plus en plus d’ampleur dans nos pratiques pédagogiques. Vous pouvez d’ailleurs visionner un reportage mis en ligne sur Youtube où l’on évoque la pratique du mind mapping en Finlande.

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