Aider les étudiants à réussir leur première année dans l’enseignement supérieur : le projet du service de la « Promotion de la Réussite »

barzinProfesseur d’allemand et didactitienne en langues germaniques à l’Institut d’Enseignement Supérieur Pédagogique de Nivelles, Valérie Barzin est aussi coordinatrice du service d’aide à la réussite.

Interview réalisée en janvier 2014.

Jean-Michel Dufays : Qu’entend-t-on par « promotion de la réussite » ? Est-elle prévue par la législation ?

Valérie Barzin : La promotion de la réussite s’inscrit dans le cadre d’un décret datant de 2008 qui vise à démocratiser l’enseignement supérieur et à mettre en œuvre des mesures d’aide à la réussite des étudiants de première année.

Il s’agit globalement d’un service d’information, d’orientation et d’accompagnement des étudiants « en vue de leur permettre de faire aboutir leur projet d’études ».
Les actions menées s’articulent principalement autour de 5 grands axes :

  • des entretiens individuels ou en petits groupes en fonction de la demande des étudiants ;
  • le renforcement de la maîtrise de la langue française lors d’ateliers en petits groupes ;
  • des remédiations dans les cours propres aux différentes sections ;
  • des séances de méthode de travail liées à la prise de notes, à la mémorisation, à la gestion du temps… ;
  • le tutorat dans lequel des étudiants de deuxième année, sur le conseil des professeurs, prennent en charge des étudiants de première année pour les aider dans différents cours.

J.-M. D. : Quels sont les besoins concrets des étudiants ?  Dans quel(s) sens vont leurs demandes ?

V. B. : Les étudiants ont ou n’ont pas toujours conscience de leurs difficultés. Dans tous les cas, la mission de la promotion de la réussite est de les aider à réfléchir afin d’identifier ces difficultés et de mettre en place des dispositifs d’aide adaptés. Ceci se passe dans le cadre d’entretiens individuels sollicités par les étudiants eux-mêmes.

La plupart du temps, leurs demandes s’orientent vers la méthodologie : prendre note, résumer, synthétiser, mémoriser sont des points faibles récurrents. La gestion du stress est souvent évoquée aussi, en lien direct avec la gestion du temps. Et la maîtrise du français leur pose de gros problèmes, a fortiori dans une formation pédagogique dont l’outil de communication tant orale qu’écrite est le français.

J.-M. D. : Que propose le service d’aide à la réussite au sein de l’IESP ?

V. B. : L’année académique a débuté avec des visites de classes afin d’informer directement les étudiants de première année des services d’aide à la réussite dont ils peuvent bénéficier. De cette façon, les étudiants ont pu clairement identifier les personnes ressources, recevoir une information précise et poser directement leurs questions.

Par la suite ont été lancées les séances de remédiation en français : au programme, dictées, exercices de grammaire, de vocabulaire, de syntaxe, le tout lié directement aux matières enseignées dans le cours de maîtrise de la langue et répondant aux besoins des étudiants.
La méthode de travail a également été mise à l’honneur lors de séances ponctuelles organisées à la demande des étudiants.

Le tutorat est enfin une méthode d’aide à la réussite qui rencontre du succès et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, ce sont des étudiants qui parlent à des étudiants : des points de matière –identifiés au préalable selon les besoins des premières années- sont réexpliqués, exercés sous la houlette des deuxièmes années. Ensuite, l’organisation des tutorats est laissée aux étudiants dans un souci de responsabilisation. Enfin, les groupes constitués n’excèdent pas 3 à 4 participants afin d’individualiser au maximum le travail.

Quelques autres activités sont organisées en marge de ces « incontournables ». Quatre fois par an ont lieu les « midis de la réussite » : il s’agit de moments d’échanges, de tables rondes, organisés pendant une semaine sur le temps de midi autour de différents thèmes comme « Mon premier mois en haute école », « Appréhender mon premier blocus et ma première session », « Me préparer aux stages »… ; l’idée est de partager et d’échanger sur son vécu et ses expériences à l’IESP.

Un journal a pour la première fois été publié. « Tendances Réussite » se veut un espace supplémentaire parmi toutes les activités de promotion de la réussite où les étudiants peuvent lire des articles de fond sur des sujets touchant à la pédagogie, à la didactique, aux disciplines enseignées à l’IESP, où ils trouvent également des interviews d’étudiants et de professeurs, des informations pratiques et auxquelles ils peuvent activement participer.

Toutes ces actions sont menées par une équipe de 4 professeurs en collaboration avec l’ensemble du personnel de l’école : la direction, les enseignants, le bibliothécaire, les collègues du centre multi-médias (SIAM), les secrétaires, l’assistante sociale et le Cercle de Qualité et d’Ecoute sont des maillons essentiels dans la mise en place d’une aide à la réussite porteuse pour les étudiants.

J.-M. D. : Peux-tu, à ce moment de l’année, tirer des conclusions et envisager l’avenir de la promotion de la réussite ?

V. B. :

A l’heure actuelle, en milieu d’année académique, il est beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions sur l’effet bénéfique ou non de l’aide à la réussite.

Néanmoins, les projets sont nombreux ; citons parmi ceux-ci l’organisation d’une session propédeutique afin d’outiller les nouveaux étudiants à l’aube d’une nouvelle aventure, la mise en place de rencontres entre étudiants des différentes années afin que les nouveaux puissent très vite profiter de l’expérience des « anciens », des collaborations extérieures (par exemple avec le service InforJeunes ou avec des professionnels du métier d’enseignant)…

Démocratiser l’enseignement supérieur implique d’envisager des profils variés d’étudiants et donc d’intégrer dans la formation un accompagnement multi-facettes qui est le propre de la promotion de la réussite.

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