Démarche scientifique et démarche expérimentale dans l’enseignement secondaire

delhezAurore Delhez est professeur à l’Institut Provincial d’Enseignement Secondaire de Tubize (Brabant Wallon). Major de sa promotion (2013) au département pédagogique de la Haute École Paul-Henri Spaak (Bruxelles-Nivelles), elle a rédigé un mémoire intitulé « État des lieux de la démarche scientifique en classe de sciences au premier degré de l’enseignement officiel ». Voici les conclusions de ses recherches.

Jean-Michel Dufays : Pourrais-tu nous expliquer les motivations qui t’ont poussée à t’orienter dans cette voie ?

Aurore Delhez : Ce sont mes différents stages qui ont servi de point de départ et spécialement lors de la préparation de leçons. Il est, en effet, demandé dans les programmes de réaliser au cours de sciences une démarche scientifique. Tout naturellement, je me suis renseignée sur cette démarche. Et je suis arrivée à l’hypothèse de travail suivante : la démarche scientifique est utilisée de façon linéaire et est régulièrement confondue avec la démarche expérimentale.

J.-M. D. : Quelle méthode as-tu utilisée et quels sont les résultats, parfois surprenants, auxquels tu as abouti ?

A. D. : J’ai débuté par une observation documentaire, c’est-à-dire que j’ai analysé la démarche scientifique mise en place dans :

  • les socles de compétences ;
  • la méthodologie générale du programme du premier degré de l’enseignement officiel ;
  • la méthodologie spécifique aux thèmes du programme de l’enseignement officiel ;
  • les fardes de la Communauté française (de manière globale) ;
  • certaines fardes de la Communauté française (de manière ciblée et spécifique).

J’ai terminé par un questionnaire pour les enseignants.

Les résultats les plus surprenants proviennent de l’analyse des socles et de la méthodologie générale du programme de l’enseignement secondaire. J’ai pu déduire que les enseignants sont correctement informés sur les différentes étapes d’une démarche scientifique d’investigation. Cependant, lorsque l’on réalise quelques recherches supplémentaires et que l’on « décortique » davantage la méthodologie spécifique des thèmes du programme, on peut observer qu’il y a confusion entre réaliser une démarche scientifique et réaliser une démarche expérimentale. En effet, le terme « expérience » apparaît régulièrement dans chaque thème alors que les autres méthodes d’investigation (étape : recherche d’informations) d’une démarche scientifique ne sont que trop rarement citées.

Une démarche scientifique comporte différentes étapes :

  • la sensibilisation ;
  • l’observation du problème ;
  • la formulation du problème ;
  • la formulation d’hypothèses ;
  • la recherche d’informations par : l’expérimentation, l’observation, la modélisation, la consultation d’une personne ressource, la recherche documentaire ou l’organisation d’une visite ;
  • l’analyse des résultats ;
  • la rédaction de la synthèse.

L’analyse des fardes de la Communauté française confirme que la démarche scientifique est confondue avec la démarche expérimentale.

J.-M. D. : Comment arriver à mettre en place une véritable démarche scientifique ?

A. D. : C’est difficile, après 3 mois d’enseignement, je n’ai pas encore trouvé la bonne méthode.

J.-M. D. : Tu es partie avec trois condisciples et deux professeurs à Kinshasa (Congo) où tu as réalisé un stage d’enseignement de trois semaines. Quel était le contexte de ce stage et quels enseignements pédagogiques en as-tu tirés ?

A. D. : Toutes les préparations se font au jour le jour, sur des sujets parfois surprenants. Pas de photocopieuses, très peu de matériel, … il a donc fallu être assez inventif ! La plupart des élèves étaient très réceptifs. Le niveau de difficulté est plus élevé qu’en Belgique. Exemple : les matières vues en 1ère au Congo (12-13 ans), sont abordées en 3ème/4ème chez nous (14-16 ans).

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